Jean Gérard Bloch

Jean Gerard BlochInterviews

Sur France Culture

 Est-ce que la méditation transforme notre cerveau et nous rend bienveillant ?

 « Dans le cabinet des psychiatres et psychologues cliniciens, se pressent des patients assommés par le fracas du monde, épuisé d'être soi, broyé par l'anxiété, cassé par la compétition interpersonnelle, exténué par la culture du narcissisme, abîmé par l'accélération du temps. Et il semblerait que cet individu postmoderne, perclus de douleurs psychiques et somatiques cherche l'apaisement dans la méditation. Non pas seulement dans les pratiques contemplatives des traditions bouddhiques, zen, soufie ou encore chrétienne, mais aussi, dans la méditation laïcisée, scientifiquement prouvée, la méditation de pleine conscience. Mais de quelle façon cette pratique popularisée par le professeur de médecine américain Jon Kabat-Zinn, modifie-t-elle les structures de notre cerveau afin de surmonter certaines souffrances dans cette vie qui oscille comme un pendule de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui pour reprendre la célèbre réflexion de chopenhauer ? La méditation n'est pas seulement une pratique qui vise à prendre soin de soi. Cet entraînement de l'esprit conduirait à la bienveillance, cette disposition affective qui vise le bien et le bonheur d'autrui. »

Articles de presse

Sur MBSR Paris

Méditer à l'Université
Nouvel Obs. Janvier 2014 Méditer à l'université.
Depuis 2012, la faculté de médecine de Strasbourg forme à cette pratique
La reconnaissance des bienfaits de la méditation gagne l'université. Depuis 2012, la faculté de médecine de Strasbourg délivre un diplôme universitaire (DU) intitulé « Médecine, méditation et neurosciences ».
Unique en France et en Europe, destiné aux professionnels de la santé, il équivaut à un master professionnel. Il a été mis au point par le rhumatologue Jean Gérard Bloch, directeur d'enseignement à l'université de Strasbourg et instructeur MBSR. « J'ai commencé par introduire la méditation à l'hôpital de Strasbourg il y a quatre ans, dans le service de rhumatologie du professeur Jean Sibilia explique-t-il. J'y organisais et organise toujours des stages collectifs de huit semaines où se mêlent patients et soignants. Les résultats, impressionnants, montrent que les douleurs des patients diminuent et que les soignants éprouvent une plus grande capacité d'attention, de travail et de compassion. Méditer ne signifie pas supprimer toutes les pensées, mais les rééquilibrer. »

La méditation de pleine conscience a changé ma manière de soigner
« ...Mon rôle n'est plus de dire au malade ce qu'il doit faire mais de partager suffisamment d'informations avec lui de façon à ce qu'il puisse utiliser ces informations pour les combiner à ses intuitions. C'est participatif. Cela permet au patient de récupérer une part de pouvoir personnel et d'autonomie. Je ne le vois plus seulement comme un malade mais comme une personne à part entière, corps et esprit, chez qui il y a plus de choses qui fonctionnent bien qu'il n'y en a qui dysfonctionnent. Il y a dans notre métier beaucoup d'envie d'aider l'autre mais cela ne sert à rien de s'épuiser à lutter pour convaincre le patient de ce qu'il ne sent pas. Dans la méditation, on s'adresse à un niveau fondamental de l'être humain où il n'y a plus médecin ou patient... »