Donner, aider, c'est aussi se faire du bien

American Journal of Public Health le 25/12/2014 Extranet des psy

 Aider ou donner aux autres, c'est aussi s'apporter beaucoup à soi-même, suggère cette étude de l'Université de Buffalo, qui, précisément, a testé l'hypothèse que l'aide à autrui prédit une association réduite entre le stress et la mortalité. Des conclusions d'actualité, présentées dans l'American Journal of Public Health qui révèlent aussi plus largement tous les bénéfices pour la santé, d'un comportement prosocial.

Le Dr. Michael Poulin, psychologue, a cherché à comprendre pourquoi les gens s'engagent dans un comportement généreux et si ce type de comportement peut être un facteur de réponse au stress et à l'adversité. Son équipe a travaillé à partir des données d'entretiens avec 846 participants qui ont évalué les événements stressants de leur vie et l'aide concrète qu'ils avaient pu apporter à des amis ou membres de leur famille. Ces participants ont ensuite été suivis durant 5 ans. Les chercheurs ont pris en compte des facteurs de confusion possibles pour le risque de décès, soit l'âge, l'état de santé et certaines variables psychosociales.

Leur analyse révèle une interaction significative entre le comportement d'aide et les événements stressants : En clair,

  • le stress est un moindre facteur de risque de mortalité chez les personnes qui ont apporté leur aide à d'autres au cours de l'année précédente (Dans ce cas : HR mortalité avec stress élevé : 0,96);
  • le stress est bien « prédicteur » de décès et augmente de 30% le risque, chez les personnes qui n'aident ou ne donnent jamais aux autres (HR = 1,30).

La conclusion est claire, aider, donner, permet de vivre plus longtemps, même si l'on traverse des situations stressantes. La gentillesse et la générosité font office de tampon entre le stress et la mortalité.

D'autres études ont illustré les multiples bénéfices psychologiques d'un comportement ouvert aux autres. Notons cette étude de la Washington State University publiée dans le Journal of Research in Personality qui souligne que la capacité à se sentir libre d'être soi-même vis-à-vis des autres, participe à l'optimisme et donc à la santé. D'autres ont également bien documenté les bénéfices de la sociabilité, de la générosité et du bénévolat pour l'équilibre émotionnel et psychologique, pour la santé et la longévité.

Les bénéfices apportés par le bonheur, le bien-être ou la bonne humeur sur la santé peuvent contribuer à expliquer cette quête universelle vis-à-vis des autres. Heureux, on vit plus longtemps et avec une meilleure qualité de vie, moins de stress et une meilleure fonction immunitaire. L'ouverture sur les autres participe considérablement à cet accomplissement. Nous ne sommes pas seulement attirés par les autres en raison de ce qu'ils peuvent faire pour nous, mais aussi en raison de ce que nous pouvons faire pour eux.

Source: American Journal of Public Health 2013 Giving to Others and the Association Between Stress and Mortality
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