Couple, aimer dans la durée

22 juin 2006 Palais des Papes
Notes sous la responsabilité des organisateurs

Isabelle FilliozatMatin

Derrière un jugement, il y a toujours un besoin, une émotion cachée. Un jugement est donc une excellente porte d'entrée.
Blague : quelle est la différence entre une fée et une sorcière ? Réponse : deux ans de mariage !
L'homme n'est pas assez sorcier, pas assez ensorcelant !

Comment conserver un couple de deux êtres en amour ?

Première étape de la relation : la bonne fée (six mois à un an)

C'est le jeu de la séduction : la femme se pare et montre la fée. Il n'y a pas de rencontre véritable. Car le tulle rose du déguisement interfère. C'est une phase d'idéalisation. Nous croyons que pour construire un couple il faut séduire, et nous ne montrons que le versant joli. Et l'autre fait ses projections. Il a construit un filtre avec ses parents et leurs relations, avec ce qu'il entend dans les médias et avec ses expériences. Il s'agit donc d'une image fantasmée, et des deux côtés. Le premier amour renvoie à maman, à l'amour originel. Le papa, oui, ensuite, puis les frères et soeurs... Puis les personnes qui nous ont blessé, ravi, et fait vivre des expériences non perlaborées. Les fantasmes rêvent et guident nos choix amoureux. On va voir l'autre tel que nous désirons qu'il soit et nous comporter comme s'il l'était. C'est une phase de désir, d'émotions, de relation physique.
Mais il ne faut pas confondre désir et amour. Je désire, ou j'aime : faire le clair là-dedans. C'est une phase où il y a beaucoup d'attentes. Le risque est la dépendance : revécu de notre petite enfance et une sexualité très forte. On se sent plus solide et centré, plus dépendant, on a peur de perdre, ne pas être à la hauteur, d'avoir mal. Ces peurs irrationnelles viennent de notre histoire. La personne du passé nous a rejeté, humilié, a été distante, et nous avons peur que cela recommence. Alors nous cachons notre véritable être pour être sûr de garder l'autre. En fait c'est le meilleur moyen de le perdre. Car je ne suis en contact ni avec moi n'y avec l'autre.Il y a un besoin fondamental de sécurité, comme le nourrisson. Et plein de fantasmes paranoïaques : « tiens, il ne fait pas cela, cela signifie que... » Ces interprétations sont liées à notre histoire et à ce que nous avons peur qu'il nous arrive. Et plus on craint, plus on fait arriver ce que l'on craint. Par exemple, on peut devenir agressif sans demander, et la relation se dégrade. Nous pensons à la place des autres, alors que faire une demande serait authentique. « Si elle n'aimait, elle ferait... » C'est une idéalisation. La bonne question à se poser c'est : de quoi ai-je peur par rapport à aujourd'hui ou par rapport au passé ?Le risque c'est d'attendre que l'autre devienne ce que j'attends. Cela amène à des jeux de pouvoir et c'est une position égocentrique : je ramène à moi, sans voir l'autre. Même si on a l'impression d'être ouvert. C'est le problème du masque qui nous éloigne. La peur de déplaire, de perdre, de blesser.

La peur de perdre : c'est le plus grand risque pour la relation, car cela induit des stratégies et alors, la relation n'est plus vivante. Je me débrouille pour l'enfermer et je m'enferme aussi. Je vais chercher à être différente pour correspondre à ce que l'autre attend. Car déplaire, entraîne rejet, et l'on a peur des répercussions. Et l'on se change soi.

Qu'est-ce qui donne la sécurité ? Les stratégies de manipulation ? Mais je suis alors en dehors de moi. Car ce qui donne vraiment la sécurité, c'est l'intimité et l'amour. Comment enlever l'idéalisation pour être ? C'est le travail de guérison de notre histoire. Si je me reconnais et que je m'aime (stable et suffisamment guéri...), j'ose regarder mon histoire. Mais si aimer, pour moi, c'est être à distance, car mon père a été absent, et ma mère n'a pas été tendre, je vais m'attacher à un homme qui ne peut pas vivre avec moi. Et couple après couple, l'histoire se répète, car c'est le passé !Les besoins pour sortir de cette période : s'aimer, ne pas avoir besoin de l'autre pour vivre, avoir la permission d'aimer, d'être aimé et dire mes émotions.

Deuxième étape : contre dépendance

La période de la relation au quotidien. La responsabilité conjointe pour la prise en compte des tâches ménagères. Attention au balai de la sorcière, faire que mon mari m'aide ! Sinon il n'y a pas d'égalité, et par de partage. Or l'intimité et l'amour ne sont possibles que quand la relation est vraiment égalitaire. Et la femme n'ose rien dire, car c'est sa tâche depuis des milliers d'années. Mais cela entraîne des ressentiments, des non-dits, puis elle va commencer à dire, en déguisant et en manipulant : les critiques ! Au lieu de placer l'injustice au bon endroit, on détourne le discours pour trouver les fautes, et c'est l'entrée dans le jeu de pouvoir. Il y a un lien entre le linge et la sexualité : je lave les chaussettes de l'autre, et sans reconnaissance, je me sens frustrée. Cette tâche est nécessaire, mais sans plaisir. Ne pas faire comme si cela était naturel, on a besoin que chacun soit reconnu. Sinon, il y aura une grève du sexe. Si je me sens au service, utilisée, pas assez reconnue, mon désir s'éteint. Ce ne sont pas les habitudes et la routine qui tuent le désir, mais la colère rentrée, les injustices et les ressentiments. Ce sont les petites choses accumulées qui coupent l'envie de faire l'amour. Je ne peux quand même pas faire l'amour avec quelqu'un qui lave les chaussettes, car prendre soin de moi, me materner : c'est le rôle de maman. Mères et maîtresses sont différentes. Il ne s'agit pas de tout partager à 100%, mais oser dire ce dont j'ai besoin. Que ce choix soit parlé, et que des contrats soient refaits. Car depuis des milliers d'années chacun est frustré de son côté. Nous avons tous besoin de reconnaissance, sinon ce sont la frustration et les rancoeurs qui vont sortir.

Affirmation de l'identité de chacun, personnalisation, je me montre-moi davantage. Tentatives de contrôle, de pouvoir sur l'autre. On n'est pas assez existant dans le couple pour être authentique. Chacun est égoïste : que le couple devienne ce que je veux qu'il soit. Il y a des colères et des jeux de pouvoir :

  • Critique, même pour les petites erreurs
  • Autoritarisme : que l'autre se conforme
  • Dévalorisation : « tu es nul, tu n'as jamais... »
  • Le jugement : à la place de dire mes besoins car je me sens vulnérable, j'abîme la relation
  • Se poser en victime
  • Blesser
  • Faire quelque chose sans en avoir envie, le dissimuler aux yeux de l'autre et le lui reprocher plus tard
  • Faire plus que sa part, prendre le pouvoir sur le linge, sur la cuisine
  • Passivité : ne rien dire, ne rien décider, laisser les rênes à l'autre et prendre des pantoufles
  • Maladie : pouvoir de faire rester l'autre

Tout ça marche et un couple peut durer longtemps comme ça. Cela peut même être son ciment. C'est une réalité. La tentative de dissimuler nos émotions et nos besoin, réprimées depuis l'enfance fait que nous avons peur de les voir émerger. Voilà la fonction : les gens se déchirent et trouvent leur compte car cela leur évite de faire face aux émotions de l'enfance, dont ils ont peur qu'elles soient plus destructrices encore. La charge de colère utilise les critiques comme soupape. Cela marche pour la cocotte-minute. mais cela ne marche pas avec les sentiments parasites, car plus on déverse, plus cela dure, plus je dis mon sentiment parasite, plus il augmente et plus la colère intérieure augmente. Alors que si je dis mon émotion par petits bouts, plus je dis mes sentiments, plus je m'en libère.  L'émotion est une réaction physiologique. Il y a la charge, prise en compte par le système sympathique, puis la tension, et la décharge prise en compte par le système parasympathique. C'est alors le retour à la normale.Mais le sentiment, il n'est pas physiologique, c'est une élaboration mentale d'un état émotionnel. Il n'y a donc ni charge, ni décharge.

Une émotion vraie, je la dis, et hop, c'est terminé. Quand la colère dure, c'est que c'est un sentiment parasite ou un jeu de pouvoir. Et si je ne dis pas, je reste en tension, sous stress, avec un effet physiologique présent.
Les jeux de pouvoir empêchent la communication. Une bonne question : quand suis-je tenté d'en utiliser un ? Et bien sûr c'est inconscient, c'est parce que je me sens de plus en plus mal que je vais faire quelque chose à l'autre qui me redonne de la puissance. Le pouvoir donne l'illusion d'avoir du contrôle sur les situations. Exemple : bouder au lieu de dire, agresser au lieu de dire sa colère. Finalement, il n'y a pas tant de choses que ça qui devraient nous mettre en colère. Mais on revit des choses que nous n'avons pas traversées. Maman me dépose dans un home d'enfants et pendant trois semaines je vis désespoir et abandon. Dès que quelqu'un ne m'informe pas, je suis très inquiète, et je peux éclater. « Appelle moi dès que tu arrives ». Beaucoup de susceptibilités sont liées aux blessures de l'enfance, elles ne sont ni pensées ni pansées.
Et on cherche quelqu'un qui sollicite nos blessures, et qui en même temps, nous empêche d'être en contact avec elles. Si j'ai vécu un abandon, je cherche quelqu'un qui ne va pas risquer de m'abandonner mais qui va être absent pour secouer ma blessure. Et dès que l'autre ne fait pas ce que j'attends, je connais des états incroyables.
Attention, ne pas satisfaire les attentes démesurées qui viennent de l'histoire ! « appelle dès que tu arrives... »  à chaque fois que l'homme rassurera sa femme, il l'insécurisera de plus en plus, il l'éloignera d'elle-même. En il y réagissant, on enferme encore plus, et le transfert est de plus en plus important. Il est important de ne pas satisfaire les attentes démesurées, mais de satisfaire les émotions véritables !
Quand je ne peux pas décharger (abandonné dans le home d'enfants, maman n'est pas là) je reste en tension. Si maman revient et dit « dis-moi mon petit comme tu as eu peur », si le petit crie, hurle, pleure, la tension diminue. Mais si cela ne s'est pas fait, 50 ans plus tard, je suis toujours dans la même tension, avec des moments terrorisants, je ne sais plus où est l'autre. Ce qui dans le contexte actuel, ressemble au contexte de départ, redéclenchera l'ensemble. Émotion élastique : je n'ai pas pu le dire dans mon enfance et j'y suis ramenée. Il va falloir rassurer de plus en plus… Mais c'est le rôle du thérapeute.
On a besoin de connaître nos failles et nos blessures, et ne pas satisfaire l'élastique de l'autre.
L'intimité et l'amour, ce n'est pas donner à l'autre tout ce qu'il veut. Il y a besoin de parler pour savoir si la demande est justifiée. Mais nous avons intégré comme modèle normal la norme de nos parents. Ce n'est pas forcément le meilleur, c'est le plus répandu. Aller voir ce qui est vraiment normal.
Deux personnes, pour chacune un pétrissage d'habitudes.  Chacun cherche à s'affirmer et cela provoque des conflits. Et pour chacun, sa position est évidente : ici c'est un carré rouge. Mais il y a deux cultures dans un couple. Au lieu de se battre, poser plutôt la question et comment tu vois ton carré rouge ? Parce que moi je vois un triangle vert. Ce sont les petits détails du quotidien : la moutarde se range dans le frigidaire ou dans le placard ?
Une dimension fondamentale dans l'amour, c'est le respect. Cela vient du mot regarder, à ne pas confondre avec tolérance. Respecter c'est regarder l'autre. Je me tourne vers l'autre, je le regarde dans sa manière d'être  et de s'épanouir dans son histoire, dans son devenir. Tiens, il a cette croyance, d'où ça vient ?
Des phases, des cycles sont présents dans tous les systèmes en évolution : La dépendance, la contre dépendance, l'indépendance, l'interdépendance.
Après la dépendance, où j'installe la sécurité, voilà la contre indépendance où « je » me différencie. Puis l'indépendance, où il y a un espace pour chacun. Quand on a un moi solide, une histoire guérie, on n'a pas besoin de l'autre pour se sentir exister, on peut se différencier sans prendre une revanche. Mais quand on n'a pas assez de valeur et de confiance, on va prendre confiance en prenant le pouvoir.
L'interdépendance : Je sors de l'indépendance et de la fusion, pour devenir une personne. Soit on passe au pouvoir, soit on passe au respect.
Au stade de l'indépendance (cinq ans environ) beaucoup se séparent réellement. 80% des couples qui se séparent, se séparent à ce moment-là. Ce qui signifie aussi qu'un couple sur cinq ne va pas au-delà. Chacun revendique son indépendance : il a besoin de sentir son espace, de se construire et de vivre sa vie. C'est une période d'égotisme : je ne m'occupe que de moi. L'égoïsme est nécessaire à la sortie de l'égocentrisme (où l'on ramène tout à soi, elle s'ennuie, c'est que je l'ennuie). C'est une construction contre l'autre.
Égotisme : chacun de son côté, il n'y a pas de relation entre l'autre et moi et je m'en fiche. Le reste du monde tourne comme il veut. Dans cette phase, si on n'est pas assez solide, on a peur que l'autre s'en aille et qu'il nous aime moins. On va donc chercher à freiner le mouvement de l'autre. Les jeux de pouvoir sont ici différents, il s'agit de limiter l'espace de l'autre. L'empêcher de quitter la boîte,  d'ouvrir une boutique. En vrai, au fond, je ne veux pas qu'il s'épanouisse trop car il va s'en aller. Quand on a besoin de l'autre pour soi, cela limite la vie, car l'autre va m'en vouloir.
À la quatrième étape : l'interdépendance émerge une étape de projets communs. Ces projets sont différents des rêves du début, il y a plus de réalisme, et l'on regarde tous les deux dans la même direction. Il y a une grande complicité et beaucoup d'affection. On va quelque part.
Période d'altruisme : parce que j'ai un couple solide, je me sens bien, et je peux mettre ça au service des autres. Il ne s'agit pas de ne pas s'occuper de soi. Et le couple reste vivant avec un objectif commun. Le problème quand on a peur d'aimer, (ce qui est lié au passé, aux frustrations et aux choses difficiles), c'est qu'on a peur de s'ouvrir à l'amour et qu'on ne l'a jamais appris. Se lancer dans un paysage inconnu, il ne reste que ça à faire : explorer l'amour et l'intimité. Quelquefois on préfère revenir en arrière pour éviter ça.
La nourriture de cette phase est l'intimité. Tout nu émotionnellement, j'ose même dire mes jeux de pouvoir, je décris ce qui se passe pour moi, je donne mes clés, pour que l'autre ne rentre plus  dans mes jeux de pouvoir. Je dis mes besoins, je me désarçonne. Je suis comme ça, oui j'ai tendance à te critiquer, quand telle chose se passe... .
Je regarde l'autre tel qu'il est, je le regarde et je veux le rencontrer cet humain en face de moi, et qui n'est pas un prince. Quand l'autre est dans son émotion élastique, je peux accueillir. Ce n'est pas le moment d'en parler, je ne le prends pas pour moi, je peux mettre fiel et bile dans une coupe en visualisation. L'exercice de « voir » : je ne suis pas dupe, je vais  accueillir l'émotion, sans prendre pour moi, pouvoir dire (pas pour faire plaisir), pas au moment de l'émotion.
Et trois jours après, je peux proposer d'en parler, sans faire le thérapeute de mon mari. À un moment tranquille, je peux m'approcher, parler, « c'est important que nous en parlions…Es-tu d'accord  pour en parler maintenant ? »  si non, il va falloir que nous en parlions un jour car, dans notre couple, ça ne va pas, ça pose des problèmes……« là, la réaction que tu as, je vois que c'est très intense pour toi, pour toi elle est justifiée, je mesure à quel point le fait que je sois en retard pour le déjeuner… » «  Je vois un décalage, est ce que tu as déjà vécu cela ? pour moi dans mon histoire, cela ne me fait pas cet effet… »

Après-midi

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Il y a une grande différence entre aimer - une émotion, un sentiment- et, construire une relation. Mais on peut avoir une profonde émotion d'amour pour quelqu'un et que le chemin côte à côte soit trop compliqué. L'amour est nécessaire, mais pas suffisant. Dans une relation épanouie, les notes seront à cinq partout. Là où les points sont moins nombreux, ce sont les zones à travailler.

Communication : Si je ne communique pas, je reste dans mon égotisme (centrée sur moi) et on invente la relation au lieu de la vivre. Les questions que nous nous posons font avancer la compréhension de moi et de l'autre, et de la relation. Dans la relation, on se frotte…à différentes parties de soi-même. Quand je suis célibataire, la vie est tranquille, il n'y a pas de confrontation aux blessures. Mais si je ne communique pas, j'enferme l'autre dans une image et je ne me confronte plus au réel, vrai, physique, corporel.
« Tu te poses trop de questions » cela peut vouloir dire : je ne veux pas de la relation ! le propre de l'humain, c'est de poser des questions, chaque question c'est un peu plus d'intelligence.

Complicité : quelque chose qui se construit avec le temps. C'est un étalon, le témoin de la fluidité. Rire ensemble, penser ensemble. Si on en manque, c'est que des émotions font  blocage, que des choses nous éloignent, quelque chose en travers, une blessure. La complicité fait naturellement partie du fait de vivre ensemble. Les rythmes se synchronisent : coeur, cerveau, pensées. On pense souvent la même chose au même moment.

Intérêts communs : Il y en a-t-il suffisamment ? ce sont les mêmes films, le théâtre, les ballades, les choses à faire ensemble. Et aussi des intérêts séparés, bien sûr.
Il y a peut être un intérêt commun sur lequel on n'échange pas.
Mais on peut s'intéresser à des choses par amour aussi.

Soutien affectif : J'ai du soutien affectif quand je vis des choses difficiles. C'est un ressourcement.

Soutien pratique : une aide pratique et une participation.

Le sentiment d'être aimé : c'est différent de « est ce que l'autre m'aime ? » peut-être que je ne sais pas me sentir être aimé ! cela repose sur des comportements. Il ne m'aime pas ? ou il ne manifeste pas ?  ou bien est ce que je suis incapable de voir, parce que j'ai (inconsciemment) décidé que je ne serai jamais aimée.

Sentiment d'aimer mon partenaire : Je l'aime ? je ne sais pas !  Alors la réponse est donc non, parce que je ne le sens pas. Aimer n'est pas un état, c'est un verbe. J'éprouve un attachement, je tiens à lui, c'est différent de l'amour ! L'amour vient de l'émotion d'amour et c'est physiologique. On peut avoir oublié de nourrir la relation d'émotion d'amour et alors le sentiment d'amour disparaît. Il peut réapparaître, cela se restaure car c'est une émotion. La condition propice à la restaurer c'est l'intimité. Je suis-, face à l'autre, je le regarde, je lui dis ce que j'apprécie, ce que je vis avec lui, je m'ouvre en disant cela, et les échanges augmentent… Un cadeau à offrir à partir de son cœur. Ces moments là, on peut les revivre, on peut se remettre dedans. Augmenter le nombre et l'intensité de ces situations.

Sentiment de respect pour mon partenaire : L'autre, en face, je le regarde, je nomme ce que j'apprécie et cela m'ouvre. On le dit quand on veut, mais ne pas oublier de le faire ! Quelquefois on le réalise à la mort de l'autre seulement. Faire un cadeau, une surprise, offrir mon coeur tout cela développe l'intimité.

Respect de mon partenaire : cela vient de regarder, admirer. J'observe l'autre et je le regarde vivre.

Sentiment d'être respecté par mon partenaire : Est-ce qu'il me regarde vivre, moi, ou est-ce qu'il regarde une image, sa femme, sa moitié ?  un prolongement de lui-même. Est-ce que j'existe en tant que personne ou dans ses projections ?

La confiance : c'est intérieur. Je peux m'abandonner, je sais qu'il ne va pas me juger quand je me montre telle que je suis et qu'il va rester dans la relation. Je ne pars pas dans les jeux de pouvoir, je reste face-à-face, je ne ferme pas les yeux sur ce qui ne va pas, et on échange sur qui se passe. Et a t'il confiance en moi ? que quoi que ce soit qui se passe, je ne vais pas le juger. On sait bien que dans la vie ce n'est pas simple.

Sentiment d'être enrichi par mon partenaire : je n'ai pas besoin de lui pour vivre, mais sa présence augmente mon sentiment de liberté, d'épanouissement... le fait qu'il soit là, ma vie est plus grande.

Sentiment d'enrichir mon partenaire : De même que ma présence dans sa vie augmente sa puissance.

Plaisir à être ensemble : on a besoin de toucher l'autre, d'une relation fluide, besoin d'être ensemble. Sinon, c'est qu'il y a un non-dit, une émotion ou un besoin pas formulés.

Chaleur : c'est physiologique, est ce que ça s'entend à l'extérieur,

Satisfaction sexuelle : peut être qu'il se tourne vers le travail car il y a quelque chose qu'il ne veut pas voir. Il manque peut-être un lien entre le monde professionnel et le monde de l'intimité, je suis peut-être dans une autre partie de moi, il est peut-être même à 100 % ailleurs.

Sentiment d'estime de soi dans la relation : Plus je suis rétréci, moins j'ai d'estime de moi. Je peux choisir le partenaire qui me renarcissise, me valorise. Jolie pour une femme, puissant pour un homme. Mais je ne m'estime pas juste parce que j'ai un beau faire valoir. Ça marche pour un certain temps. Les jeux de pouvoir dévalorisent. Moins j'ai d'estime de moi-même, moins je vais partir ailleurs. Si l'autre se sent libre de partir, il va partir !! Faire confiance à l'amour ! Plus il y a d'amour et plus il y a de liberté. Couper la liberté pour garder l'amour, cela ne marche pas.

Désir de passer du temps ensemble : pour parler, pleurer, crier dans les choses difficiles à vivre.Traverser ensemble des événement difficiles (sans rester chacun sur ses gardes) donne de l'énergie. Amour, passions, crises…Quelquefois, l'amour n'est connu que dans  le temps d'une passion ou de crises. Lorsque l'autorisation d'exprimer l'énergie ne peut se faire que dans la passion, dans un grand éclat, qui masque, qui permet de garder une émotion ancienne qu'on ne sait pas gérer quand elle monte.
En temps plus calmes, la terreur est gardée à l'intérieur. Dans ce type d'expression passionnée ou de faux calme (couples sans crises), c'est une fausse intimité qui est partagée. L'énergie est refoulée. L'amour donne l'élan dynamique pour m'engager avec quelqu'un, mais il faut beaucoup d'autres choses pour que cela ne devienne pas toxique. On doit nourrir la relation avec d'autres choses. Parfois on ne connaît pas le chemin pour aller dans l'intimité et c'est seulement la crise qui permet d'y aller.
Les personnes qui ne connaissent pas l'émotion d'amour ont le diaphragme coincé et n'ont jamais senti ça.  On peut faire l'économie de la crise. Travailler les émotions : guérir les blessures, dire les tristesses, sortir tout l'ancien et le retraverser, et on se remet à vivre et à respirer, et le diaphragme redevient souple et vivant. Maintenant, j'aime, l'amour peut venir ! C'est une émotion très subtile qui ne passe pas quand on est blindé, quand on a mis de côté quelque chose dans l'inconscient. Guérir chaque blessure et respirer mieux !

Ce dont on a besoin dans une relation :

Amour, et moments d'intimité ; connaître ses besoins et les exprimer : quel est ton besoin, quel et le mien,voilà comment je vois les choses.
Sécurité, donné par l'amour et les engagements. Le rythme cardiaque s'apaise. Ce qui n'est pas le cas avec les problèmes.
Liberté : il existe ce fantasme que je la perdrais en étant en couple. Non, l'amour donne des ailes pour aller plus loin. Si je me sens enfermé c'est que je projette et attends ce que je j'aurais dû recevoir de mes parents

Les quatre verbes de la relation

  1. Donner
    Être attentif, donner de son temps, et de son énergie, de son intention, donner des mots doux, donner son admiration. Caresser physiquement et psychologiquement. Et pas pour recevoir. Quand je donne, je me sens riche aussi. Donc attention à la réciprocité. Donner de soi, s'impliquer dans l'échange, parler de soi, se donner soi, me montrer sans cacher que je suis : physiquement, psychiquement et émotionnellement.
  2. Recevoir
    Accepter ce que l'autre me donne pour l'équilibre. D'où viendrait que je ne puisse pas recevoir. Par exemple accepter : « tu es belle » alors que je serais moche en vrai ? Accepter les caresses physiques, la tendresse, les mots d'amour. Savoir les laisser naviguer, les respirer et les prendre dans mon coeur. Et je vais sentir l'émotion d'amour. Prendre le temps de la déguster et de l'honorer. Reconnaître quand l'autre fait un pas vers moi, et remercier. Au moins une fois par jour remercier de ce qu'on a fait pour le couple. Voilà quelque chose à instaurer et bien sûr sincèrement ! Merci d'avoir acheté le pain... Montrer sa gratitude, même si l'autre est maladroit, c'est nourrissant.
  3. Demander
    S'il m'aimait, il saurait ce dont j'ai envie... NON. Sinon, on va vers les disputes. Ne pas s'attendre à ce que l'autre devine. Être précis sur l'importance des choses. Les évaluer, préciser nos attentes, les formuler précisément. On peut même faire une échelle d'urgence. Faire une liste de 10 choses, 10 petites attentions que vous aimeriez demander à l'autre !
  4. Refuser
    Oser exprimer. Savoir dire non à ce qui ne convient pas. À du concret, mais aussi à la pression de jeux de pouvoir. Ne pas mordre à l'hameçon. Respirer et voir sa part de responsabilité dans le jeu. Plus facile avec un peu de recul. Regarder mentalement ce qui se passe. Être attentif à soi, et si je sens que ça coince, l'exprimer. La colère rétablit des équilibres dans le couple. Elle a trop mauvaise presse, elle répare en fait, c'est une puissance. Si je ne dis pas non, je reste blessée. La colère me sert à dire ce que j'ai ressenti, sans accuser l'autre, elle ne juge pas ! L'harmonie n'est possible que s'il y a conflit : oser être deux personnes qui existent réellement et ce n'est pas possible d'exister réellement sans conflits. Harmonie est fille de Mars et Vénus.
    La Belle au bois dormant se réveille parce que 100 ans se sont écoulés et qu'elle a autorisé le prince à pénétrer. « Est-ce que c'est bien vraiment lui ? est-ce que je l'aime… » Mauvaises questions. Car je peux mettre toutes les embûches à l'autre, qu'il brise les obstacles, qu'il vainque les dragons… La bonne question c'est : « quand je suis avec, comment JE me sens ? » Est-ce que je suis prête à aimer, est-ce que j'ai enlevé la herse ? C'est si je suis suffisamment guérie que l'on pourra vivre une belle aventure.
    Ont-ils de la chance dans leur couple, ceux qui dès qu'ils se sentent mal, quittent ! La chance n'est pas dans la rencontre, elle est dans je me fais confiance dans ce que je ressens, est ce que cette relation a de la valeur pour moi ?

Histoire pour finir : nous rentrons dans des jeux de pouvoir parce que nous n'avons pas confiance en notre valeur. Voilà un billet de banque. Je le donne à qui veut. Je le pose par terre, je le piétine, est-ce que vous êtes encore intéressés ? Bien sûr ! Ça ne change rien à notre valeur d'avoir été piétiné, rabaissé…

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